Le Private Equity dans un monde post-COVID-19

21 septembre 2020

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Interview d'Olivier Carcy, Global Head of Asset Management, et de Brenda Lau, Head of Private Equity - Asia branches dans le média suisse Sphere.

 

Si la crise financière de 2008 a repré­senté un désastre pour le secteur finan­cier, la pandémie de la COVID-19 est une catastrophe pour les entreprises et les éco­nomies du monde entier. Comment le Private Equity peut-il jouer un rôle dans la situation actuelle ?

Le Private Equity n’a cessé de gagner en importance et en influence depuis 2000. Aux États-Unis, le nombre de sociétés cotées en bourse a considérablement diminué au cours de la dernière décennie, tandis que le nombre de sociétés finan­cées par le Private Equity a plus que doublé. En outre, les actifs sous gestion des marchés privés sont passés d’environ 1 000 milliards de dollars en 2000 à plus de 7 000 milliards de dollars en 2019, une tendance qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les analystes s’attendent à ce que les actifs sous gestion du secteur atteignent 17 000 milliards de dollars d’ici 2023. Le Private Equity n’est plus une niche mais une classe d’actif à considérer dans un portefeuille diversifié.

La crise de la COVID-19 représente une nouvelle forme de défi pour les entreprises de la chaîne d’approvisionnement, des capacités de production, d’exploitation, de la gestion des flux de trésorerie au modèle économique, en particulier lorsque les pays ont mis en œuvre des mesures de confinement et de distanciation sociale à des degrés divers. À l’avenir, les entrepri­ses devront se transformer et s’adapter, tout en tenant compte de l’évolution des com­portements et des habitudes des consom­mateurs. Le Private Equity peut jouer un rôle essentiel en aidant ces entreprises à se repositionner.

Avec un flux d’opérations réduits, la crise actuelle de la COVID-19 pose également des défis sur les investissements du Private Equity. Investir dans des entreprises privées n’est pas une tâche facile. Il faut disposer de ressources importantes et d’une forte exper­tise pour mener les séances de due dili­gence sur les cibles. Avec les restrictions de voyage, le nombre de transactions va inévi­tablement diminuer et les activités d’inves-tissement ne reprendront probablement pas avant 2021. Un retour à la normale ne pour­rait intervenir avant 12 voire 18 mois.

Au cours des cinq dernières années, le Private Equity a généré d’importantes liqui­dités. Dans le contexte actuel, les gérants de fonds de Private Equity vont probable­ment conserver plus longtemps les socié­tés en portefeuille. Dans les deux ou trois prochaines années, les activités d’investissement, bien que moins importantes que par le passé, devraient dépasser les sorties, ce qui entraînera des besoins nets de capi­taux auprès des investisseurs.

Aujourd’hui, le capital-investissement dis­pose de 2 700 milliards de dollars de dry powder (montants disponibles non engagés), soit dix fois plus qu’il y a vingt ans. L’énorme quantité de capital non utilisé peut aider à fournir des solutions aux entre­prises en difficulté et à saisir soigneuse­ment les opportunités. En outre, le marché de la dette privée, qui a connu une crois­sance rapide, a fourni une source alterna­tive de capitaux pour les LBO et la transfor­mation des entreprises. Enfin et surtout, le marché secondaire a mûri et est devenu plus sophistiqué.

Le Private Equity a démontré sa résilience, en générant des rendements positifs, généralement à deux chiffres au cours des diffé­rents cycles. Il est bien placé pour faire face au ralentissement actuel. Par le passé, les gestionnaires de fonds de Private Equity se concentraient sur l’arbitrage multiple, l’effet de levier et la croissance du chiffre d’affaires pour générer de la valeur. Après la crise de 2008, l’accent a été mis sur l’amélioration opérationnelle. Les gestionnaires de fonds de Private Equity recrutent des partenaires opérationnels et des experts sectoriels pour aider à la restructuration, à la croissance et à la transformation des entreprises en portefeuille. La transforma­tion stratégique, y compris la digitalisation, la délocalisation de la production, la gestion de la trésorerie, la continuité opérationnelle et l’identification des nouvelles habitudes de consommation sont les clés du succès. L’impact de la COVID persistera pendant un certain temps. À la lumière des défis à venir, le Private Equity continuera à s’adapter et à évoluer. L’esprit d’entreprise, la nature résiliente et la flexibilité permettront à l’industrie de survivre et de prospérer.

Le groupe Indosuez Wealth Management bénéficie de 20 ans d’expérience dans le domaine des investissements de Private Equity. 25 collaborateurs répartis dans 7 bureaux, dont 2 en Asie, gèrent plus de USD 5 milliards d’investissements.

> L'interview est disponible ici (SPHERE, Indosuez, 14/09/2020, pp. 42-43)

 

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21 septembre 2020

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