Interview de Muriel Aboud Schirmann, Advisory Forex et Métaux Précieux, Suisse

08 mars 2021

Muriel Aboud Schirmann | mixité | Indosuez

Présentez votre métier et la représentation de celui-ci au sein de l’organisation. Quels sont les grands temps forts de votre métier sur l’année ?

Je suis Responsable du département Advisory Forex et Métaux précieux d’Indosuez en Suisse et suis basée à Genève.
Nous offrons aux clients de la banque l’accès aux marchés internationaux des devises et des métaux précieux. Notre mission regroupe également les activités de conseil et de recherche de stratégies optimales répondant à des problématiques ciblées (diversification, couverture de risque, optimisation).

Comme pour tout marché financier, les prix varient constamment et parfois, en fonction de crises géopolitiques, d’interventions de banques centrales, voire même de certains tweets, la volatilité augmente fortement. Je ne suis donc jamais en mesure de planifier le prochain temps fort et dois rester en alerte constante : c’est l’un des aspects qui me plaît le plus dans mon métier.

 

Quel est votre parcours professionnel ? Comment avez-vous géré les différentes évolutions de votre carrière ?

Après un Bachelor en Mathématiques, j’ai étudié le Management puis me suis spécialisée en Finance de Marché avant d’intégrer le groupe Crédit Agricole. Je suis passée de la banque d’investissement à la banque privée, de spécialiste des produits structurés au marché des changes avec une expérience dans les dérivés de taux. Cela fait maintenant 15 ans que je travaille dans les salles de marché.

Dans mon métier, il est fréquent de voir les collaborateurs changer régulièrement d’établissement.
En cela, mon parcours pourrait paraître atypique. Avoir pu changer d’environnement, d’actifs sous-jacents, donner des formations ou participer au comité d’investissement du fonds de pension m’ont toujours plu et m’ont permis de rester motivée. Derrière ces opportunités, il y a des managers, principalement des hommes, qui m’ont poussée à sortir de ma zone de confort et qui ont su me soutenir et cultiver la confiance en moi. Ces rencontres ont été très importantes tant au niveau personnel que professionnel !

 

En quoi être une femme était un atout ou un handicap dans votre carrière ? Comment gérez-vous vie personnelle et professionnelle ?

Les statistiques pourraient laisser penser qu’être une femme est un handicap pour évoluer dans une salle de marché, tant les hommes y sont surreprésentés.
Pour ma part, ni mes collègues, ni mes managers ne m’ont donné l’impression que mon statut de femme réduisait mes possibilités d’évolution ou changeait la manière dont j’étais considérée.

Il est évident qu’avec l’arrivée des enfants la logistique est devenue plus complexe. Toutefois, la clientèle que je conseille se situant au Moyen-Orient, je peux commencer ma journée relativement tôt, ce qui me laisse la possibilité de profiter de ma famille le soir, c’est vraiment un avantage.
De plus, j’ai eu de la chance, ma hiérarchie a toujours été compréhensive lors des inévitables impondérables inhérents à la vie de parents : enfants malades, fermeture de la crèche…

 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’entreprise en matière de mixité ? Concrètement, quelles initiatives prenez-vous au quotidien, avec vos équipes, pour avancer sur le sujet de la mixité ?

Lorsque j’ai commencé dans la salle des marchés à Genève, nous étions seulement deux femmes avec un management exclusivement masculin. Depuis, ce nombre a augmenté et ma hiérarchie s’est féminisée : mes N+1 et N+2 sont des femmes !
En tant que manager, ce qui compte pour moi, ce sont les compétences et les qualités humaines des collaborateurs. Il n’est donc pas question de faire de la discrimination positive.

Dans les faits, l’immense majorité des candidatures reçues émane d’hommes et malheureusement les femmes restent encore trop sous-représentées dans mon métier.
On retrouve cette caractéristique dans d’autres industries faisant appel à des profils techniques et je pense que cela vient plutôt de l’éducation et de la culture. J’espère y voir une évolution dans les prochaines années.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes générations ?

Peut-être deux conseils que j’aimerais partager ici, le premier est qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer dans ce métier en tant que femme. Le deuxième concerne l’épanouissement au travail, pour bien faire ce métier dans la durée il faut que chaque jour il vous procure du plaisir. Sinon, vous ne serez jamais performant et encore moins épanoui.

08 mars 2021

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